jeudi 5 avril 2012

Le niveau baisse, je le prouve


 En général, si on reçoit un mail émanant soi-disant d'un organisme officiel avec lequel on a des liens, truffé de fautes d'orthographe et dont la syntaxe laisse à désirer, on clique sur "Indésirable" afin d'indiquer à notre logiciel de messagerie que ce message a tout l'air d'un SPAM.





Mais quand on reçoit une lettre qui a les mêmes caractéristiques, que doit-on faire ?



IDV de la zep aux étoiles  - et ça bosse pour l'inspection académique...


mardi 3 avril 2012

Je suis un SIREN !

De la zep aux étoiles - bourgeonÇa y est, j'ai reçu le courrier validant mon inscription au registre du commerce et des sociétés. Je suis désormais un SIREN géré par le SIRENE, je gère un SIRET, j'ai un code NAF, passionnant isn't it ?



D'une manière plus poétique et moins acronymique,  j'ai le plaisir de vous annoncer que ma micro-entreprise a une existence, et se nomme:

 "Une nuit à Versailles"


Un p'tit air de Paradis...


jeudi 29 mars 2012

Futur gîte urbain, réflexions avant chantier

Je n'ai pas encore entamé les travaux rue de l'Orangerie, dans ce studio que j'ai récemment acquis, non pas que l'envie m'en manque ! Mais qui dit travaux dit voiture (bon le permis c'est fait, manque la voiture...) et j'ai été assez accaparé par les travaux que j'ai réalisés à mon domicile. En attendant, les idées progressent, évoluent...



Ma femme a organisé un petit séjour à Prague, ce genre de pause sans enfants qui fait du bien au couple. 

Prague, un bazar harmonieux. Aucun immeuble n'est semblable à son mitoyen, un mélange de passé religieux, symbolique et de modernité, une ville animée aux quartiers calmes...

Nous avons dormi à l'hôtel "Pure White", nouvel établissement rénové récemment, très moderne, très épuré, très blanc, jusqu'à la "carte-clef" permettant d'appeler l’ascenseur ou d'ouvrir la porte de la chambre, intégralement blanche... 
Quand on ouvre la porte, c'est d'abord "Whaw!" Luminaires design, lit à baldaquin conceptuel, salle de bain aux parois en verre, porte coulissante, WC suspendus, douche à l'italienne, éclairage dans les placards... 

Mais passé le whaw, je ne m'y sens pas très à l'aise. En coulissant la porte de la salle de bains il subsiste un jour, on peut voir son conjoint sur le siège, on peut même l'entendre ... Pas terrible. Le sèche-cheveux repose sur un boîtier mural qui est arraché, les fils dénudés... Quand on se lave au lavabo, l'eau éclabousse partout, design oblige... pas de mouchoirs... Et finalement ces teintes marron/blanc/vert, plus le verre, ce n'est pas du tout reposant, relaxant. 
Comme quoi, on peut se la péter hôtel de luxe et finalement avoir tout donné dans l'apparence sans penser aux clients...


Salon du tourisme 2012, village des chambres d'hôtes et des gîtes. De nouveau des sources de savoir et de conseils pratiques, me dis-je en compostant mon billet de RER. J'y allais pour assister à deux conférences:

14h15-15h:
Quand un propriétaire développe et diffuse la vente directe à partir de son propre site web… 
Par Jean-Luc Montembault, le Relais de Saint Preuil, créateur de "Touring Holidays in France", avec Jérôme Forget, Guest et Strategy
15h15- 16h:  
Chambres d'hôtes et locations meublées en ville. La nouvelle clientèle affaires. 
Par Fabrice Moulin, responsable Clévacances Ile-de-France, avec Chantal Goldstein, pilote du projet hotesqualiteparis.fr


En arrivant j'eus le plaisir de revoir l'équipe d’Accueillir Magazine, toujours aussi sympa, dynamique, précise. Un petit tour dans le reste du salon, à l'écoute de musiciens des Antilles, d'Asie, humant de ci de là les parfums de mets exotiques, me frayant un passage parmi une foule subitement dense, Adriana Karembeu était interviewée à quelques mètres...  Puis retour à la salle de conférences.

45 minutes au total. 40 minutes pour que M. Montembault nous explique son parcours, ses réussites, ses projets aboutis, son esprit novateur, ses qualités... M. "Moi-je" aime parler de lui. Du coup, les 5 minutes restantes destinées à évoquer les moyens de se faire connaître sur Internet n'ont été qu'une présentation rapide d'un schéma, commenté encore plus rapidement sans permettre à des questions d'émerger, plus le temps le pauvre...... Inutile. Mégalo. Précipité. Inutile.



Le temps d'une cigarette et la deuxième conférence débute. Pendant un quart d'heure M. Clévacances dans son costume trois pièces et les cheveux gominés a échangé avec Mme "pilote du projet" sur la définition des chambres d'hôtes en ville... Puis je me suis souvenu que j'avais des enduits de finition à faire à la maison. 
Nul. 

Encore une fois, heureusement qu'il existe des gens comme les associés d'Accueillir Magazine, précis dans les détails, ne tournant pas autour du pot, ne cherchant pas à s'auto-gratuler. C'était la même chose quand j'assistais contraint et forcé à des animations pédagogiques. Sur dix séances, un seul intervenant sortait du lot, le reste n'était que bla-bla théorique. Ah ce souvenir des 20 minutes passées à écouter l'analyse du port des casquettes chez les jeunes par une prof d'université... 

Enfin, on apprend tous les jours. On se conforte dans ce qu'on ne doit pas être. 
On s'assure de faire de bons choix quant à la qualité de son offre d'hébergement. 
Plus qu'une voiture et c'est parti !!


vendredi 23 mars 2012

Déclaration de création d'entreprise

Ah ce plaisir incommensurable à l'ouverture de la lettre hier: J'ai le permis ! Du premier coup, malgré la grève, malgré des petites erreurs dues au stress, je l'ai ! Il y a 10 mois je m'inscrivais à l'auto-école, dans le but de pouvoir conduire quand je serais en province; finalement ma reconversion s'opérera à Versailles, et une voiture y sera autant nécessaire. Va acheter du BA13, va porter le petit dej et des draps propres en vélo...

Du coup les choses s'enchaînent. J'ai posté ma lettre de démission de l'éducation nationale, qui sera effective le 1er juillet. La condition du premier versement de l'IDV après cette date sera de fournir un extrait K-bis, prouvant que j'ai bien créé une entreprise. Au bout du premier exercice, je devrai fournir la preuve comptable de mon activité afin de percevoir la 2nde moitié.


Lorsque mes projets avaient pour point de chute la province, j'avais beaucoup d'investissements prévus et le statut d'auto-entrepreneur ne m'aurait pas permis de déduire ces frais. Ici les données sont différentes puisque je n'aurai pas ou peu d'emprunts à faire. En faisant des simulations de charges grâce à des comparateurs comme celui-ci, le statut d'auto-entrepreneur se révèle le plus intéressant.

Oui, mais c'est sans compter sur l'administration, encore une fois.

Dans la circulaire du 28 mai 2009 relative à l'IDV, il est bien stipulé que c'est une fois reçu un extrait Kbis que l'indemnité pourra être versée. Et en tant qu'auto-entrepreneur on n'a pas de Kbis... Suite aux conseils d'Aide aux Profs, pour ne pas risquer d'enrayer la machine qui fonctionne de manière minutieuse et pointilleuse, j'ai décidé de créer une entreprise individuelle, afin d'avoir ce fameux extrait Kbis. Financièrement il y a quelques dizaines d'euros d'écart dans le bénéfice net dégagé, et j'ai vraiment besoin de l'IDV pour me lancer.

J'ai donc créé un dossier sur le site du CFE, et après avoir rempli toutes les cases le site me demande certaines pièces justificatives, comme une "attestation d'information du conjoint" exigée si les époux sont mariés sous le régime de la communauté. Premier hic, ma femme et moi sommes mariés sans contrat, ce qui engendre implicitement le régime de communauté réduite aux acquêts. Régime qui n'est pas proposé sur le site...

Second hic, on me demande fournir une copie du bail commercial. Je n'en ai évidemment pas, le siège de mon entreprise est mon domicile. Pas de case "domicile"...

Pas grave, je vais glaner des précisions ce matin à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Versailles.
Réponses données à l'accueil: pas de contrat donc pas besoin d'attestation. pas de bail donc simplement justificatif de domicile. Je dis que je passerai cet après-midi, c'est marqué sur leur site qu'ils ferment à 16h. Non me dit-on, le service des formalités de création d'entreprise ferme à midi...

Ok, je repars chez moi, je rouvre mon dossier , et je suis les indications, j'imprime en trois exemplaires le formulaire de 14 pages, je photocopie les justificatifs demandés, et je repars à la CCI.

Rebonjour, c'est bon, mon dossier est complet. Veuillez patienter on va venir vous chercher.
Je sors mes 42 pages, mes justificatifs, et là, l'agent me dit: "Ben pourquoi vous avez toutes ces feuilles ?
- ... Heu, ben c'est demandé sur le site !
- Ah oui, mais c'est mal expliqué, c'est moi qui vais saisir les données, je n'ai pas besoin de ces exemplaires."
J'adore.
" Vous avez l'attestation d'information du conjoint ?
- Non, je suis passé ce matin à l'accueil et on m'a dit que je n'avais pas besoin de le fournir puisque marié sans contrat.
- Ah mais si ! C'est tout le contraire ! Je vais l'imprimer et vous le remplirez.
- ...
- Et avez-vous le bail commercial ?
- Non, c'est mon domicile, je vous ai apporté un justificatif.
- Ah oui mais ça ne suffit pas, je vais vous imprimer le formulaire et vous le remplirez."

'Sont trop forts... T'énerve pas, admire le fonctionnement d'une structure gigantesque qui enregistre chaque jour des dizaines de déclarations...C'est fascinant.

Enfin c'est fait, création officielle en fin de semaine prochaine !


Les gens sont fascinants. J'éprouve toujours un sentiment mêlé de surprise, d'ébahissement d'incompréhension face aux multiples facettes du genre humain. Le pire comme le meilleur.

Par exemple ça:
J'ai reçu un courrier du syndicat de copropriété m'ordonnant de payer les charges locatives du futur gîte pour l'année 2011 alors que j'ai signé l'acquisition fin janvier 2012.
Téléphone: "Je suis le nouveau propriétaire de l'appartement rue de l'Orangerie...
- Rue de l'Orangerie ? ... Je vais me renseigner.
- ..................................
- 01 30 83... Allo ?
- Euh oui allô ?
- 01 30 83...
- C'est quoi ce numéro ?
- Il faut appeler là, Mme Machin."

01 30 83... "Allo Mme Machin ?
- Oui c'est pour quoi ?
- (je réexplique) ... donc il me semble que je n'ai pas à payer ces charges.
- Si, c'est comme ça que ça se passe, rapprochez-vous du vendeur pour voir avec elle. Au revoir."

Putain ! Quelle amabilité ! C'est quand même moi qui vais payer son salaire à Mme Machin ! Dingue !

Et par exemple ça:
Beaucoup de commentaires hier sur ce blog d'une personne qui tient des chambres d'hôtes, et qui me demande de bien vouloir lui indiquer mon email afin de me donner quelques conseils. Et je reçois dans l'après-midi un message contenant une dizaine de liens, et 5 pages manuscrites scannées en pièce-jointe, une longue lettre hyper sympa, pleine de retours d'expériences, de renseignements, de conseils de choses à faire ou non...

Fascinant.

jeudi 22 mars 2012

Lettre à l'Inspecteur d'Académie (saison 2)

Voici l'ultime lettre écrite à l'Inspecteur d'Académie, jointe à ma demande d'IDV:






Monsieur l’Inspecteur d’académie,


Je vous adresse ce courrier afin de vous exposer les raisons pour lesquelles je souhaite quitter le métier de professeur des écoles, et afin de vous préciser l’objet de ma reconversion professionnelle pour laquelle j’ai déposé une demande de chiffrage d’indemnité de départ volontaire auprès de l’Inspecteur de la circonscription de ****.

J’ai déposé une première demande d’IDV l’an passé, je tiens d’ailleurs à vous remercier pour la réponse favorable que vous m’avez adressée le 3 juin 2011.
Je n’avais alors pas donné suite à votre proposition, car mon projet n’était pas assez abouti. Affecté depuis le 1er septembre 2011 à un poste de ZIL, j’ai fréquemment été en arrêt, occasionnant des difficultés d’organisation dans la gestion des remplacements des personnels absents. J’en suis sincèrement désolé, et souhaite ardemment mettre un terme à ma carrière d’enseignant, tirer un trait sur ces dix années au cours desquelles les conditions de travail se sont dégradées, ma santé a décliné, ma motivation initiale s’est usée.
J’ai la conviction absolue de vouloir quitter l’Éducation nationale, autant par conscience de ne plus pouvoir exercer ce métier d’une façon satisfaisante que par besoin de me projeter dans un autre avenir.

J’ai par conséquent affiné mon projet de reconversion, et je suis en bonne voie d’avoir tous les éléments me permettant de créer une entreprise dont l’objet est la location de meublés de tourisme, en proposant la fourniture de logements et de services adaptés à une clientèle de loisirs ou d’affaires.
A la différence du projet que je m’étais permis de vous exposer dans un courrier du 28 février de l’année dernière, celui-ci verra son application en région parisienne. Cependant, des investissements financiers demeurent nécessaires à l’éclosion de cette future activité, et une trésorerie de départ aidera en tout état de cause à assurer un développement pérenne à mon entreprise. C’est pourquoi je sollicite votre bienveillance pour l’attribution de l’indemnité de départ qui permet à des agents comme moi de retrouver la motivation et le plaisir de travailler dans un autre secteur.

Je me tiens à votre disposition pour tout renseignement ou complément d’informations dont vous pourriez avoir besoin.
Je vous prie de croire, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, en mes respectueuses salutations.

lundi 19 mars 2012

Aménagements intérieurs





             Le bricolage c'est le panard !







On cogite, on dessine, on planifie, on liste, on fait ses emplettes, on met en route le chantier, on y passe des heures, des journées, des morceaux de nuit, on travaille avec minutie, on termine et on admire...




Indemnité de Départ Volontaire, mouture 2012

L'année dernière, pour ma première demande d'IDV, j'avais déposé ma demande début février, et malgré le délai maximum de deux mois prévu dans le décret, l'Inspection Académique ne m'avait retourné une réponse qu'à la fin du mois de juin.

Cette année, j'ai déposé de nouveau cette demande mi-janvier. Six semaines après, un copain enseignant qui lui aussi a déposé une demande de d'Indemnité de Départ Volontaire me dit qu'il a reçu un courrier de l'IA à mon nom mais chez lui ! Lui-même a reçu le même courrier, c'est le chiffrage de l'IDV. Il a reçu environ 80% du plafond, on a la même ancienneté, je vais avoir le plaisir de lire la bonne nouvelle pour moi-même à son domicile en prenant l'apéro le soir-même.

50%. C'est tout. 

Pour résumer, j'ai reçu une proposition chez moi l'année passée par courrier avec AR me proposant le maximum possible pour 9 ans d'ancienneté; un an plus tard, pour le même type de projet, un simple courrier adressé chez quelqu’un qu'heureusement je connais m'informe que j'ai le minimum possible pour 10 ans d'ancienneté...Ce qui représente en outre moins d'argent car j'ai perçu moins d'argent en 2011 qu'en 2010.

Dans la semaine qui suit, cet ami recevra un courrier avec AR à mon nom, puis chez moi arriveront deux courriers encore, l'un sous enveloppe simple, l'autre envoyé avec AR. En tout quatre lettres identiques...
Emails, coups de téléphone, pourquoi ai-je le minimum cette année alors qu'on m'a proposé le maximum il y a un an ? Pourquoi 80% proposé à un agent qui a la même ancienneté que moi ?
On me répond qu'on n'en sait rien, c'est une décision académique.
Je devrais m'estimer content, avant la parution du décret je n'aurais rien eu.
Si je ne suis pas satisfait je n'ai qu'à formuler un recours hiérarchique.


Quand je disais que je n'avais aucune confiance en ces gens... 

Je ne vais pas m'embarquer dans une démarche de contestation qui risque en définitive de se retourner contre moi. Après tout le décret stipule que les services académiques décident comme ils le souhaitent d'accorder tel pourcentage du plafond. Il est même écrit qu'ils ont la faculté de s'écarter des fourchettes indicatives, ce qui peut être compris comme un écart vers le haut... ou vers le bas.

Je repense à ce document que j'avais trouvé sur Internet, concernant l'attribution de l'IDV pour des agents d'un autre ministère, la procédure était limpide: 1 an d'ancienneté = tel montant, 2 ans = tel autre montant... au moins ils savent à quoi s'attendre. Même au sein de l'éducation nationale les rectorats appliquent le décret comme ils le souhaitent. Cette latitude est déconcertante, inique, énervante. Mais c'est ainsi. Indiscutable.

Décollage prévu le 1er juillet, vol sans retour vers un univers beaucoup plus simple, plus clair, plus précis, plus rassurant.

mardi 14 février 2012

Cogito, placo, vélo, dodo

Je n'ai pas encore touché à la moindre vis de mon futur premier gîte urbain, mais de chez moi ça bosse pour en faire un cocon enviable. Je peaufine et je chiffre les aménagements mobiliers de la pièce principale, je réfléchis à un coin cuisine pratique et acidulé (en contraste avec la pièce principale qui sera dans des tons chauds et sobres, je veux la cuisine colorée et vivifiante, en jouant sur les peintures, la couleur des appareils électro-ménagers et des accessoires, une bouffée de multicolore et de matières agréables au toucher).

En voyant de nouveau la salle de bains, je l'ai trouvée ridicule. Même pas 1,50 m²... Ça ne va pas. Venir en vacances dans un gîte urbain, en touriste ou en voyage d'affaire, c'est pour moi pouvoir disposer d'une salle de bains qui change de celle de ma maison (même si j'adore la mienne, c'est moi qui l'ai faite ;-)



Donc je prévois d'abattre des cloisons pour l'agrandir. On pourra alors profiter de l'espace, dans une ambiance soutenue: beaucoup de noir, d'anthracite et de vert "bambou".

Cour des Senteurs
Je cherche, je projette, je prends contact avec des artisans, avec des concepteurs de sites Internet pour élaborer ensemble un site fluide, beau, pratique... Tout cela est excitant !  D'autant plus que plus mes recherches sur la future rentabilité avancent, plus je me réjouis d'être idéalement placé, de proposer des services qui ne le sont pas encore dans les meublés et chambres d'hôtes versaillais, de créer une activité qui ne demande qu'à être développée pour répondre aux besoins existants. Le tourisme est un secteur qui se porte bien ! Le gîte urbain est à quelques encablures du château, du palais des congrès, de la salle du jeu de paume, du quartier d'artisans qu'est le quartier Saint-Louis, du potager du roi, mais aussi du Grand Commun et de la cour des senteurs...



Comme me disait un propriétaire de chambres d'hôtes sur un forum, "Avec une bonne communication, tu vas être plein quasiment toute l'année ! J'espère que tu parles couramment anglais !" Heu... pas vraimently... Mais je prends déjà des renseignements pour me perfectionner. Le temps est loin où subir des cours d'anglais était dénué de sens à part avoir une bonne note, cette fois-ci la motivation est concrète !

Tout comme le permis de conduire. J'en suis à ma 19e heure de conduite, tout se passe bien, une angoisse commence à poindre quant au jour de l'examen, mais ça y est, je touche le bout ! À presque 38 ans, tout arrive ! Et avoir une voiture, j'en ai de plus en plus le besoin. Va chercher du placo en vélo...

À la maison je ne chôme pas non plus. Avec les frimas récents, avoir 14° le matin dans la cuisine malgré le thermostat de la chaudière réglé sur 20°, ce n'est pas normal. Mais c'est logique ici ! Que de trous dans les murs ! Que de pièces faites en parpaings, couche de plâtre et papier peint, c'est tout ! Le pompon, c'est quand j'ai scié un morceau de lambris au plafond de notre chambre, et que j'ai aperçu deux cartons pliés en guise d'isolation, avec au-dessus directement les tuiles !! Incroyable. Du coup, je bricole et surtout j'apprends, je deviens un crack en isolation, rails, fourrures, systèmes Isover ou flocons soufflés, coefficients thermiques des isolants, manutention et installation des plaques de plâtres... J'adore !


Je refais des pièces aussi, notre bureau actuel va être cloisonné pour en faire une chambre dédiée à ma grande fille, et le bureau sera déplacé dans une chambre au premier étage. Lors du décollage du papier peint j'ai découvert que toute l’installation électrique passait sous des moulures en bois, cramées à certains endroits ! Du coup je vais refaire toute l'installation électrique: installer un tableau électrique à cet étage, aux normes, d'où partiront des lignes prises, lumières, appareils de cuisson ou de linge, tout nickel, pas comme maintenant... Ce matin encore en cherchant la nature et la provenance de 3 fils de la même couleur, je suis tombé sur un tube en métal noyé dans du plâtre, abritant à moitié des fils quasiment dénudés...

Y a du boulot !

jeudi 2 février 2012

Se mettre à son compte, oui, trois fois oui !

L'école devrait être un endroit de résistance aux modes. Un sanctuaire qui vivrait par et pour des valeurs déconnectées du temps présent. Un lieu dans lequel, quelle que soit l'agitation à l'extérieur, on se sentirait en sécurité affective et matérielle, on avancerait en suivant des guides, des repères de moralité intangibles. Une organisation savante et sage. 



Ben pas du tout.
Les écoles ont reçu ça aujourd'hui:

Affligeant. Il est clair que notre société est de plus en plus incohérente. D'un côté tous les acquis sociaux sont remis en question, à chacun  de se débrouiller selon ses moyens, ses astuces, ses relations, son statut... et d'un autre côté jamais nous n'avons jamais été autant infantilisés. Les recommandations dans les publicités, les mises en garde dans les notices, les sanctions à chaque faux pas, le tout teinté d'une tonalité anxiogène, alertes orange, avertissements sur les emballages, tonalité reprise en boucle partout en même temps...

Un jeune prof d'histoire mardi sur Canal disait qu'on assistait à un retour de la féodalité. C'est pas faux. Des riches de plus en plus riche et de plus en plus nombreux, le peuple corvéable à merci, à qui l'on dit qu'il faut faire un effort pour l'économie du pays, à qui l'on explique que la création de nouveaux impôts est inévitable, peuple flippé dans son boulot, prêt à tout faire pour le garder. La TVA réduite dans la restauration devait créer des emplois, maintenant c'est l'augmentation de cette taxe qui va en créer... C'est n'importe quoi. L'argent, il y en a, c'est sa gestion qui est débile. 17 millions par an pour un ministre...

Et que l'école se colle à cette réalité éphémère, c'est affligeant. Et que les enseignants soient contraints de gré ou de force d'aller dans la direction voulue, c'est grave. Face à sa hiérarchie, l'enseignant a tort et s'écrase. Face aux parents, l'enseignant a tort et s'écrase. Je me rappelle une copine enseignante qui avait écrit sur le livret d'un élève de 4 ans que celui-ci était insolent. Les parents ont rouspété. L'inspecteur les a entendus. L'enseignante a corrigé le livret de son élève... Ces inspecteurs ne sont pas des super-enseignants, mais obéissent à une logique, ne faire aucune vague, mettre la même pression sur les équipes des écoles que celle qu'ils subissent, ne pas réfléchir, être lisse, comme notre société. Parfois même on nous bourre la tête de recommandations capitales, mais incohérentes dans leur réalisation, ce qui engendre un mélange de hargne et de résignation: il FAUT prendre soin de la planète, et recycler ce qui peut l'être ! Des poubelles dédiées aux papiers sont achetées, un temps d'information auprès des élèves est exigé. Ouais, tout ça pour voir le contenu des deux poubelles, papiers et "autres" finir dans la même benne...

Il est certain que certains de mes futurs hôtes vont être de la même trempe, à peut-être vouloir porter en justice l'insalubrité de mes gîtes parce qu'ils auront vu 2 mm de tartre au dessus du mitigeur de la douche, voire me reprocher de ne pas avoir précisé qu'un four à micro-ondes ne faisait pas fonction de sèche-cheveux pour chien. 

Qu'est-ce que je perds ? La sécurité de l'emploi, qui revient à obéir aveuglément à des ordres dictés par l'instant et à pouvoir, tant que personne ne le voit, faire un travail imprécis, inutile, dangereux ? 
Qu'est-ce que je gagne ? Certainement pas l'assurance d'avoir un salaire constant, mais l'immense avantage de savoir pourquoi je travaille, de savoir que la précision est la cause de la réussite, de pouvoir dire non sans craindre les foudres d'un supérieur, et à l'opposé de savoir qu'un travail de qualité sera récompensé. 
Essayer de vivre le plus possible en harmonie avec ce que l'on a au fond de soi, ça me botte, ça me rend heureux, ça me donne envie de rendre heureux mes proches. What else ?

lundi 30 janvier 2012

Ça y est, c'est signé !

Les grandes manœuvres vont pouvoir commencer: je sors de chez le notaire, j'ai signé pour l'achat d'un appartement dans le quartier Saint-Louis
Pas de droit de préemption de la part de la Mairie, diagnostics ok, juste des petits emmerdements avec la vendeuse. 

Elle avait en effet prévu quelques travaux d'aménagements dans l'appartement avant la vente.
Dans les jours qui ont suivi la signature du compromis, je l'ai contactée pour lui dire que j'avais des idées précises de travaux, et que sachant qu'elle aussi, c’eut été intéressant qu'on en discute pour ne pas avoir à payer inutilement....
Très bon contact dans un premier temps, "mais bien sûûr ! rencontrons-nous, je vais joindre mon entrepreneur, quel est le vôtre ?" "C'est moi." "..."

S'ensuivent un échanges d'emails sans jamais se rencontrer alors que nous habitons à 1 km l'un de l'autre. Un coup elle est en déplacement, un coup elle est malade, un coup elle me donne rendez-vous à 15h... Puis de nouveau en déplacement, puis malade, pfff... 
Un jour, nouveau message, il y a de ça un mois à peu près, "La cuisinette est livrée ce soir à 17h30, vous vouliez la voir, venez à cet horaire."
Ben non, depuis le début de nos échanges je te dis que je ne peux pas être disponible avant 18h30... Du coup, je lui réponds qu'il est fort dommage qu'on ne se soit pas rencontrés plus tôt, qu'a priori la cuisinette ne me conviendra pas, et que le prix de celle-ci aurait pu être consacré à installer un double vitrage ou à changer le disjoncteur différentiel qui n'est pas aussi sensible que le veut la norme, dixit les diagnostics.
Réponse lapidaire, ce qui est fait est fait, point barre. les "cordialement" et "cher monsieur" ont disparu...

Je tente encore de lui expliquer qu'il est regrettable de maintenir les choses en l'état, et que la cuisinette va certainement se retrouver sur le trottoir, que quitte à dépenser de l'argent il vaudrait mieux le consacrer à des choses importantes.
Le lendemain, coup de fil de l'agent immobilier, la propriétaire lui demande de me dire de cesser de lui écrire... 
Ben va te faire voir, t'es butée, tant pis pour toi.

J''effectue une dernière visite la semaine dernière, son "entrepreneur" est dans l'appartement, en fait un copain bricoleur, en train de monter cette cuisinette (un mois après...) Elle est moche, froide.
"Je la fixe au silicone ?" 
"Non, laissez, je verrai"

Ce soir ma femme et moi l'avons rencontrée. Pas un bonjour, froide comme un congélateur, aimable comme une porte de prison... 

L'important, c'est que c'est signé ! Dès que possible je vais y faire les travaux d'aménagement et de décoration nécessaires pour en faire un lieu d’accueil joli, fonctionnel, pratique.
Au boulot !

En bonus, un reportage sur Versailles bien fichu: le château et ses coulisses, le domaine et les jardins, ainsi que les quartiers à visiter. La question qui préoccupe la mairie et l'office du tourisme est celle de trouver les moyens d'amener les visiteurs du château vers la ville qui recèle des endroits magnifiques. Mon projet est de la partie, amener les gens à découvrir "la banlieue" du château.
La vidéo ne sera pas éternellement en ligne, profitez-en !

mercredi 25 janvier 2012

Lettre à l'Inspecteur d'académie

Voici ci-dessous le courrier que j'ai adressé l'an passé à l'Inspecteur d'académie, accompagnant ma demande d'IDV. À la relecture, je me trouve venimeux. Bof, de toutes façons l'a-t-il lue ? 

Je n'ai aucune confiance en l'institution. Pris individuellement je suis certain que ces gens sont intéressants, prennent position, savent écouter et défendre leurs opinions; mais une fois endossé le costume de représentant de l'état tout ce qui les fait hommes ou femmes s'efface devant le système. En triant mes emails je suis tombé sur un courrier que j'avais adressée à la DRH de l'Éducation nationale, lui demandant pourquoi chaque ministère traitait l'attribution de l'IDV d'une manière aussi différente voire inique. Sa réponse a consisté en un copié-collé de la circulaire... Et encore, est-ce "sa" réponse ? Peu importe après tout, je quitte le mammouth handicapé pour des relations à beaucoup moins de niveau, plus humaines, plus franches. 

J'ai réécrit cette année à l'Inspecteur, sur demande d'une de ses sbires; méfiant au départ quant à cette demande, et ayant posé la question aux syndicats (pas de réponses, ça ne m'étonne pas. Je le les intéresse pas, moi qui veux partir; ils adorent les enseignants qui se plaignent mais qui restent enseignant) et à Aide aux Profs (eux m'ont répondu !) j'ai motivé mon ultime demande d'IDV en écrivant de nouveau un courrier. je le mettrai en ligne prochainement.


 "Monsieur l’Inspecteur d’académie,

Ce courrier accompagne ma demande de chiffrage de l’indemnité de départ volontaire que j’ai remis à mon inspectrice de circonscription. Le décret n° 2008-368 du 17 avril 2008 instituant cette indemnité a fait l’objet d’une circulaire publiée au bulletin officiel n°22 du 28 mai 2009, qui précise les modalités d’obtention de celle-ci.

Contrairement à d’autres ministères qui ont défini un montant précis de l’indemnité en fonction de l’ancienneté de l’agent demandeur à l’année près, cette circulaire définit des fourchettes plus larges du plafond de l’indemnité, octroyées selon trois critères : moins de dix ans d’ancienneté, entre dix et vingt-cinq ans d’ancienneté, plus de vingt-cinq ans d’ancienneté. Cependant, cette même circulaire précise que les services académiques « conservent la faculté, dans le cadre de [leur] pouvoir d'appréciation de la demande d'I.D.V. et dans des cas exceptionnels, de [s’] écarter de ces fourchettes. »

Je souhaiterais bien évidemment recevoir un montant le plus élevé possible, mais mon ancienneté ne sera de dix ans qu’au premier septembre prochain, voire un peu avant car j’ai travaillé comme contractuel avant de devenir professeur des écoles titulaire, travail qui sera pris en compte dans le calcul de mon ancienneté comme le mentionne cette même circulaire.
Étant donné que le formulaire de demande de chiffrage me demandait simplement mon état civil et mon grade, je tiens donc à vous exposer ci-dessous les motifs de ma demande, afin que vous puissiez éventuellement décider de vous écarter de ces fourchettes mentionnées dans la circulaire en toute connaissance de cause.
Après presque dix années passées à exercer mon travail dans des écoles difficiles, un changement de carrière s’impose. Je me suis beaucoup investi dans mon travail, utilisant une part importante de mon temps personnel à bâtir des projets innovants, à chercher à comprendre et à résoudre les difficultés des élèves dont j’ai eu la charge, à expérimenter des fonctionnements différents, à faire vivre l’école, de l’élaboration entière d’un site Internet à l’organisation de séjours pédagogiques, et j’ai longtemps cru que ces efforts porteraient leurs fruits. La déception de constater l’inexistence de reconnaissance, tant des parents, des élèves que de ma hiérarchie ajoutée aux sacrifices effectués dans ma vie privée et à ma santé qui s’est dégradée me poussent à ne plus continuer à me faire du mal en vain. J’ai trop longtemps subi l’angoisse et le stress de ne pas pouvoir mettre en pratique une journée de classe telle que je l’avais conçue, en raison du profil des élèves, des exigences pressantes de leurs parents, de l’inertie injustifiée des équipes pédagogiques et municipales.

À ces raisons s’ajoute celle d’être tributaire d’un système trop rigide. Ma femme, enseignante également, et moi-même croyions pouvoir aller exercer notre métier en province, pour améliorer notre qualité de vie et celle de nos enfants, mais les modalités des mutations conjointes nous ont fait nous rendre compte amèrement que nous ne pourrions jamais quitter le département. Quant à pouvoir se mettre en disponibilité, là aussi des critères restrictifs n’offrent pas la liberté d’aller tenter autre chose, particulièrement dans le type d’activité que je souhaite exercer.

Pour répondre le mieux possibles aux exigences de ce métier, il est préférable d’être célibataire sans enfants. Ces mots ont été prononcés par un IEN. Ce n’est pas ma vision, j’aspire à une autre vie.

J’élabore depuis quelques années un projet de reconversion professionnelle dans l’accueil touristique. Ce projet de création d’entreprise est avancé, mais à deux reprises déjà j’ai dû en reporter la concrétisation ; je ne pouvais pas en effet me décider pour l’acquisition d’une propriété destinée à accueillir des structures d’accueil puisqu’il aurait fallu que je puisse rapidement demander une disponibilité, qui n’est hélas accordée qu’à des périodes déterminées et susceptible d’être refusée.

Le développement de cette activité suppose des investissements de départ importants pour développer une rentabilité acceptable. Il me sera nécessaire de pouvoir disposer d’un revenu suffisant les premiers temps avant que les bénéfices se matérialisent.

Cet apport financier sera fourni par l’indemnité de départ volontaire. C’est pour cela que je sollicite votre bienveillance et votre compréhension afin d’espérer un montant de cette indemnité qui puisse être supérieur à la fourchette attribuée pour les agents ayant moins de dix ans d’ancienneté, à quelques mois de ce palier.

Je me tiens à votre disposition pour tout renseignement ou complément d’informations dont vous pourriez avoir besoin.

Je vous prie de croire, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, en mes respectueuses salutations."

lundi 23 janvier 2012

Début d'évasion



UN MATIN COMME TOUS LES AUTRES
UN NOUVEAU PARI
RECHERCHER UN PEU DE MAGIE
DANS CETTE INERTIE MOROSE

CLOPIN-CLOPANT SOUS LA PLUIE
JOUER LE ROLE DE SA VIE
PUIS UN SOIR LE RIDEAU TOMBE
C'EST PAREIL POUR TOUT L'MONDE

RESTER DEBOUT MAIS À QUEL PRIX
SACRIFIER SON INSTINCT ET SES ENVIES
LES PLUS ESSENTIELLES

MAIS TOUT PEUT CHANGER AUJOURD'HUI
ET LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE
PLUS CONFIDENTIEL

POURQUOI VOULOIR TOUJOURS PLUS BEAU
PLUS LOIN PLUS HAUT
ET VOULOIR DECROCHER LA LUNE
QUAND ON A LES ÉTOILES …

mardi 17 janvier 2012

Envol prématuré ?

Finalement je n'aurai pas de CP jusqu'à la fin de l'année. Une semaine et demie seulement, le temps qu'une maîtresse se remette d'une opération. Et tant mieux, cette classe n'est guère attachante; de plus les trois classes de CP ont un programme commun, ce sont donc des journées denses, des corrections tout le temps, un planning à suivre sans temps mort, aucun moment pour reprendre des choses avec des élèves qui n'ont pas compris, bref ça m'emmerde profondément. 

Toujours le même ressenti: aucun plaisir, aucun sens. Le ras-le-bol, de nouveau. Marre de ces élèves qui se fichent éperdument de leur matériel, c'est si simple d'aller voler la gomme du voisin quand on a massacré la sienne en la désintégrant en mille miettes répandues sous sa table, marre de ce rythme inhumain, "Tu n'oublies pas qu'on a une réunion ce midi, à 12h15 après le soutien, prévois ton sandwich", marre de ces locaux délabrés où l'on pisse au même endroit qu'on y fait sa vaisselle du midi, marre. 

J'ai été convoqué par l'inspecteur hier soir. Motif: évoquer avec moi mes absences injustifiées. Il y a eu des matins en effet où trouver le courage d'aller affronter ce milieu était au-dessus de mes forces. Face à moi un discours carré, évoquant les termes  de "mission", de "contrat", de "devoir vis-à-vis de l'institution"... Parenthèse édifiante à ce sujet, nous les profs n’avons jamais signé de contrat avec l'institution, sommes malléables au gré des réformes, tout comme nous n'avons eu aucune visite d'un médecin du travail quelques soit le nombre d'années d'ancienneté...

Cet inspecteur désirait me voir également au sujet de la demande d'absence d'une journée que j'avais déposée. Notre fille aînée a bien morflé pendant sa première année d'une "longue maladie" comme on dit pudiquement dans les journaux. Depuis sa rémission elle a une visite de suivi chaque année jusqu'à ses 15 ans environ. Chaque année ma femme et moi avons demandé et obtenu une journée (je ne me souviens plus si nous avons été rémunérés à chaque fois mais peu importe) afin de l'accompagner à l'hôpital, être à ses côtés pendant les examens de contrôle, parler avec son médecin référent en espérant que chaque année le mot "rechute" se terre davantage sous d'épaisses couches d'improbable.


Et bien pas cette année. Non seulement il n'accorde la demande qu'à l'un de nous deux, mais en plus pour une demi-journée seulement. Là où une petite dizaine d'inspecteurs/trices, et parfois des garces ! avaient accordé sans discussion cette absence, lui se démarque. L'éducation nationale -sans aucune majuscule- a rendu ce qui lui restait d'humanité pour ne plus être qu'une entreprise engluée à des résultats, des performances, du rendement. Réduire le personnel, geler les salaires, obéir aveuglément aux pressions iniques de plus haut tout en affirmant que tout va mieux dans l'école, il est bien dans son rôle cet inspecteur. 

"Papa tu viens aussi à l'IGR avec maman ?
- Ben non, mon chef a refusé que je t'accompagne.
- Mais c'est pas juste ! Il a pas le droit !"

Ben si. Il fait ce qu'il veut. C'est le chef. Peut-être est-ce une "vengeance" de sa part suite à l’entretien que j'ai eu avec lui pour déposer ma demande d'IDV ? Si c'est le cas comment ne pas se sentir honteux face à sa femme qui souhaitait qu'on y aille tous les deux parce qu'on se complète, qu'on se comprend, qu'on navigue mieux à deux que tout(e) seul(e) ?
Comment fait-il cet inspecteur pour être fier de lui ? Comment accepte-t-il de jouer à l'Alain Juppé de 1995 ? Quelle vie privée lui reste-t-il ? Et puis merde, chacun sa vie, chacun ses ambitions, chacun son orgueil, chacun sa dignité, je m'en vais.

Facile à dire. 

Je suis proche d'une nouvelle vie, mais elle m'apparaît tellement éloignée encore.
Plus je subis l'école, plus je me renfrogne, plus je doute de moi.
Plus je doute, plus je suis sensible aux propos entendus, c'est la crise, au moins tu as la sécurité de l'emploi...
Travail = souffrance, c'est la vie ? Quelle horreur !
Un peu de cran, de confiance en ce que je veux, en ce que je crois, oser refuser d’entretenir ce système ?
Perdre encore un peu de plus de santé et d'âme jusqu'en juin ?
Tirer un trait sans remords, quitte à avoir moins de sous mais plus de vie ?
Cinq mois et demi à tenir, ce n'est rien mais c'est tellement...

Cerebration in progress...

Merci pour vos commentaires, je crois que je vais attendre les suivants avec fébrilité pour m'aider à prendre une décision...







jeudi 5 janvier 2012

IDV, le retour

Tout d'abord je souhaite à celles et ceux qui passent par ici une belle année 2012, l'occasion symbolique de penser sa vie autrement, de se questionner sur son bonheur, de vivre ses rêves et non de rêver sa vie...


Aujourd'hui j'ai eu rendez-vous avec l'inspecteur de ma circonscription afin de lui remettre le formulaire de demande d'IDV (Indemnité de Départ Volontaire). Je comptais le faire en septembre dernier, mais à l'Inspection Académique on m'a rappelé que cette indemnité était calculée sur l'année civile précédant la demande.

Morceaux choisis:

" Vous avez certainement pris connaissance de mon dossier ?

- (Silence gêné) Euh, oui...

- Donc vous devez savoir que j'ai déjà posé une demande de chiffrage d'IDV l'an passé.

- Oui, j'ai vu cela. Qu'est-ce précisément cette IDV ?

- Et bien, suite à circulaire de 2009 les fonctionnaires ont le droit de percevoir une indemnité en cas de démission. J'ai demandé cette IDV l'an passé, mais je n'avais que 10 ans d'ancienneté et mon projet n'était pas assez abouti, j'ai donc eu un chiffrage mais je n'ai pas démissionné.

- Bien. Vous avez le dossier avec vous ?

- ( Lui tendant l'imprimé) Voici.

- C'est tout ?

- Et oui. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est tout. Les textes m'obligent à passer par la voie hiérarchique pour faire cette demande, vous n'avez qu'à émettre un avis favorable ou défavorable, mais sur ce point je n'ai pas bien compris la visée de cet avis: devez-vous être favorable à un départ d'un de vos agents ? 

-(Silence) Et quand voudriez-vous partir ?

- Le plus tôt possible.

- Hmm... Vous savez que nous avons des gros problèmes d'effectifs

- Oui je sais, l'école va mal

- (Silence) Donc je veux bien mettre un avis favorable à votre demande, mais c'est donnant-donnant (sic) il faut que vous vous engagiez à effectuer les remplacements jusqu'à la fin de l'année, et j'ai vu dans votre dossier que vous avez eu un certain nombre d'absences depuis le début de l'année.

- Je reconnais, mais vous savez c'est une souffrance au quotidien que d'aller travailler dans une école. Je n'éprouve aucun plaisir, mon travail n'a aucun sens. 

- L'école a des besoins qui lui sont dictés par la société vous savez. (re-sic). Nous avons pour mission de répondre a ces besoins.

- Quand je suis en remplacement j'effectue mon travail consciencieusement. Je l'ai fait consciencieusement aussi lorsque j'étais à Nanterre, mais vous savez, se lancer dans des projets d'envergure et n'avoir aucun retour de la hiérarchie, des familles ou des enfants, c'est désespérant.

- (Silence) La reconnaissance des élèves réside dans l'accomplissement de sa mission d'enseignant.

- Mais quand vous montez des projets importants, que vous trouvez 12000€ pour emmener vos élèves en classe transplantée auto-gérée, et que personne ne vous encourage ou ne vous remercie, quand seule la commune vous octroie un complément de salaire, quand ces élèves reviennent voler dans votre classe quelques années plus tard, vous éprouvez un découragement et de la colère. On passe du temps à ouvrir les yeux, les sens des enfants, mais nos efforts sont réduits à néant car une fois hors de l'école, ce sont les règles et les habitudes du milieu qui priment.

- Il ne faut pas agir contre le milieu mais avec le milieu ( à ce moment-là, c'est dommage je manquais de récompenses pour "langue de bois" mais l'envie y était...)

- Seulement quand le milieu de vie prime sur celui de l'école, c'est un combat vain. je vous le dis comme je l'ai dit à mon inspectrice l'an passé, j'aurais eu de sa part un "bravo", une invitation à recommencer mes projets de sa part, je ne serais peut-être pas là aujourd'hui.

- (Silence, le même que l'an passé face à cette inspectrice)

- En tout cas, voilà, ma décision est prise. Face à l'image d'Épinal que j'avais de ce métier et la réalité actuelle il y a un gouffre. Je me permets de vous le dire, entre un enseignant qui se défonce à 400% et un autre qui en fait le moins possible il n'y aucune différence. Celui qui travaille mal aura une inspection défavorable, qui se traduira par un léger retard dans son avancement par rapport à celui qui a une bonne inspection, mais qui aura son avancement de toute manière. Ce n'est pas très motivant !

- ( Silence appuyé) Bien, je transmets votre demande.

- Merci de m’avoir reçu."

Incroyable. Encore un inspecteur qui a  peut-être des idées, des critiques à émettre face au système, mais qui n'en laisse rien transparaître. On a l'impression qu'être inspecteur, c'est être un bon soldat, sous tension...
Plus que quelques mois avant de quitter ce système gangréné. 

En attendant, ils sont tellement en manque de personnel que les enseignants devant remplacer les congés longs sont tous mobilisés, et que je suis dans les derniers enseignants "congés courts" à être encore affecté à ce genre de remplacement. La secrétaire de l'Inspection m'a informé ce soir qu'à partir de la semaine prochaine je devrai à mon tour effectuer un remplacement long. Sur son bureau traînaient des tableaux des enseignants en congé (et n'en déplaise aux détracteurs de ce métier qui pensent que les enseignants sont un ramassis de feignants, les mots "hospitalisation" et "longue maladie" revenaient souvent dans les motifs d'arrêt...)

Donc en toute logique je m'apprête à prendre un CP à partir de jeudi prochain jusqu'à la fin de l'année.

Refuser cette affectation, c'est profiter de l'absence de préparations, corrections, réunions diverses, mais c'est encore subir l'angoisse chaque matin en attendant le coup de téléphone: quelle école, quel niveau, quelle équipe, quel attitude des élèves face à un remplaçant d'un jour, quel moyen de m'y rendre ?
Et puis ce CP n'est pas loin de chez moi. Qui me dit qu'en refusant ce remplacement long je ne sois pas contraint d’accepter dans quelques semaines un autre remplacement dans une école pourrie, dans une école éloignée ?

Revenant à mon projet, les gens à qui j'en parle me disent que je peux conjuguer un emploi d'enseignant et la tenue de gîtes urbains. Ils ne se rendent pas compte ! Une personne réserve pour un jeudi. La veille, mercredi, je peux me rendre dans mon gîte le nettoyer,  installer une literie propre, vérifier que les produits sanitaires sont en quantité suffisante, apporter et installer le kit petit déjeuner du lendemain, refaire la décoration d'accueil. Mais si une autre personne a réservé mon gîte le vendredi pour 17h, je vais arriver à 17h30 au bas mot avec mes draps propres sur l'épaule, mon plateau petit déj sur l'autre bras, en m'excusant auprès de la personne qui aura attendu 30 minutes en bas de l'immeuble ? Impossible, en tout cas dans l'idée que j'ai de l'accueil.

Rien ne presse, je signe dans quelques jours pour l'achat de mon premier gîte, le deuxième existe déjà, je ferai les travaux petit à petit. Car bizarrement, prendre une classe de CP et l'abandonner en cours d'année me choque. Alors, c'est parti pour les fiches de sons, le fichier de numération et tout le tintouin !


jeudi 15 décembre 2011

L'école, le projet et le chat

Que de remplacements à faire ce mois-ci ! Chaque jour dans une école différente, parfois même deux écoles dans une journée, je ne chôme pas ! J'arrive à prendre du recul, à ne pas trop m'investir moralement, je tente une approche ethnologique/sociologique des élèves et des équipes rencontrées. Il y a une atmosphère très différente selon les écoles, l'envie de faire, la motivation, le rapport aux enfants, l'organisation de la classe, l'approche des apprentissages, tout cela crée une sorte de micro-climat qui fait que les enfants y évoluent différemment. Ce qui me marque également, c'est l'esthétique des lieux. Dans une classe décorée, rangée, pensée, les élèves -et les adultes- s'épanouissent davantage que dans une classe sans affichage, sans matériel, aux murs lézardés, aux toilettes honteuses...

Ici l'objectif est que chaque élève remplisse ses fiches de travail, aidé s'il le faut par un adulte, alors que le gamin n'a rien compris. Quel intérêt à s'énerver et à faire le travail à la place d'un enfant qui ne sait pas dénombrer plus de 4 objets ?  Oui, il aura sa fiche remplie, collée dans le cahier, mais cela ne lui aura rien appris...
Ici on considère les élèves comme des petits monstres qu'il faut occuper le plus possible, en silence. Du coup on accumule les fiches, on tolère très peu qu'ils jouent. J'ai "osé" leur apprendre une chanson dans laquelle on a le droit de hurler, les enfants n'en revenaient pas. L'Atsem non plus, qui m'a lancé un regard noir !
 

Là, la directrice me dit un midi: "Tu n'as pas fait le soutien ?" Ben non, pour un jour de remplacement je ne fais pas ce soutien, je ne connais pas les élèves. "Et bien moi, me lance-t-elle, l'an dernier j'étais remplaçant comme toi, et j'ai réussi à faire 50h de soutien sur les 60 que je devais" " C'est bien, bravo" ai-je répondu en quittant la pièce...
 Ça me rappelle ce film d'Enki Bilal, dans lequel un personnage se voyait promu "Zélateur du mois" ...


Bref, fatigant, amusant, mais mon projet entretient ma motivation, car j'ai toujours cette impression de perte de temps à l'école, et d'une école qui ne va pas en s'améliorant...

J'ai eu un premier courrier du notaire qui va effectuer la vente du futur gîte urbain, les diverses autorisations et renseignements administratifs sont en cours, on attend. Je dois bientôt rencontrer la propriétaire actuelle pour discuter des travaux à effectuer, et dès que j'ai un moment je consulte un tas de blogs et de sites de déco, de chambre d'hôtes très sympa pour cerner au mieux les aménagements que je vais faire.

Ce blog-journal de ma reconversion a une petite audience depuis le début, jusqu'à il y a quelques jours où plus de 950 pages sont lues dans une journée ! C'est grâce à un coup de projecteur du forum top-rural invitant tous ses abonnés à venir y faire un tour, un grand merci à eux ! Du coup j'ai eu plein de commentaires, très enrichissants, de l'encouragement aux conseils, du retour d'expérience aux propositions de coups de main, c'est super !


Après ces journées denses à l'école, l'esprit occupé par l'ouverture prochaine du gîte à Versailles, chaque soir je prends une dose de décontraction féline: Chatouille notre chat distribue ses ron-rons à chaque membre de la famille, cet amour fidèle d'une bête est merveilleux. Au bout de quelques caresses, on se sent relaxé, un sourire apparaît naturellement... La chathérapie, il n'y a rien de mieux !



L'image du début de cet article est un livre excellent de Martin Vidberg.